logo GRT GAZGRT gaz - construisons le transport de demain
GRTgaz vous souhaite une très bonne année 2019
La revue soGaz #2
GRTgaz lance un programme inédit « L’Énergie des Possibles »

Travaux de pose d’un gazoduc

Journée Terrain au cœur de l’Arc de Dierrey.

Logo Les journées terrain

Retrouvez-nous le 24 juin sur cette page et sur le compte Twitter de GRTgaz pour plonger au cœur du chantier de l’Arc de Dierrey. Son tracé long de 310 kilomètres et le diamètre de son gazoduc d’1 mètre 20 en font un projet hors-norme. Une fois terminé, l’Arc de Dierrey aura la capacité d'acheminer 30 % de la consommation française.

Nous découvrirons les différentes étapes de la pose d’un gazoduc et nous rencontrerons trois experts grâce à qui l’Arc de Dierrey sera mis en service le 1er novembre 2015.

N’hésitez pas à réagir via le hashtag #JournéeTerrain sur Twitter.


10h : bienvenue à Lévignen dans le département de l’Oise.

Nous vous proposons de découvrir aujourd’hui l’avancement du chantier Arc de Dierrey et de mieux comprendre les métiers de terrain de GRTgaz.


10h15 : Nous découvrons actuellement la préparation de la piste de travail, première étape clé de notre journée terrain.

La réalisation des travaux de pose d’un gazoduc nécessite l’utilisation temporaire d’une bande de terre appelée « piste de travail ». Elle permet :

1. Piste de travail

Illustration Les journées terrains : la piste de travail


11h : sur le chantier à Auger-Saint-Vincent, nous découvrons comment les tubes sont préparés grâce aux techniques du bardage et du cintrage.

Le bardage consiste à transporter, décharger et aligner les tubes le long de la piste.

Le “cintrage” permet d’adapter les tubes au relief et au tracé, pour le passage des courbes et des dénivelés. Le cintrage des tubes est réalisé sur site, à froid, à l’aide de cintreuses hydrauliques. Un certain nombre de tubes sont cintrés en usine selon les spécificités du chantier.

2. Préparation des tubes


11h45 : nous sommes avec Bertrand Simon, chef de projet GRTgaz qui nous explique les enjeux de l’Arc de Dierrey et l’organisation mise en place.

  • En quoi consiste le métier de chef de projets ?

    Je suis en charge de piloter un projet depuis sa phase d'émergence jusqu'à sa mise en service. Il y a une première phase d’étude de faisabilité et de définition technique. La phase d'étude représente les deux tiers du projet, la phase chantier quant à elle correspond au dernier tiers. Mon travail est de définir l'ouvrage, en estimer la faisabilité, le coût et le délai puis de piloter le projet. Pour l’Arc de Dierrey, lorsque la décision de lancer les travaux a été prise par le maître d’ouvrage, j’ai mobilisé une équipe autour de moi pour réunir toutes les compétences nécessaires (techniques, juridiques, etc.).

    Portrait de Bertrand Simon, chef de projet GRTgaz

  • Quels sont les enjeux de ce projet ?

    L’Arc de Dierrey est un ouvrage qui permettra d'acheminer 30 % de la consommation française sur 310 km. Il répond essentiellement à 2 grands enjeux. D’une part, il s’agit de pouvoir accueillir et acheminer sur le réseau les nouvelles capacités de gaz qui seront émises par le futur terminal méthanier de Dunkerque dont la mise en service est prévue fin 2015. D’autre part, la mise à disposition des expéditeurs de gaz naturel de nouvelles capacités de transport favorisera la fluidité et la flexibilité des flux sur le réseau. Le projet Arc de Dierrey contribuera ainsi au développement et à la sécurité d’approvisionnement du gaz naturel en France et en Europe.

  • Quelles sont les spécificités de l’arc de Dierrey ?

    L’Arc de Dierrey fait partie du réseau de grand transport exploité par GRTgaz. Ces « autoroutes » du gaz représentent environ 7 000 km sur les 32 000 qui composent la totalité du réseau. Pour conjuguer la pose d’un ouvrage ce cette taille (310 km de long, 1 mètre 20 de diamètre), il a donc fallu mettre en place une organisation un peu différente de ce qui se fait d’habitude, en mobilisant plus de personnes et en renforçant le pilotage. On a fait plus de diagnostics archéologiques sur ce chantier que dans toute l’histoire de GRTgaz avec 170 km concernés et une quarantaine de fouilles. Nous traversons 2 600 parcelles agricoles. Nous avons eu également un nombre important de terrains drainés (80 kilomètres). Au plus fort des travaux, au mois de juillet, il y aura 1 000 personnes sur le chantier et 80 personnes dans l’équipe projet pour piloter les travaux.

12h15 : nous découvrons à Trumilly une nouvelle étape clé d’un chantier de pose : le soudage des tubes.

Les tubes sont soudés bout à bout, soit en soudage manuel, soit en soudage automatique.

La longueur des tronçons ainsi assemblés (d’un seul tenant) est limitée par la configuration du tracé ou par les obstacles rencontrés (routes, rivières,...). Elle peut atteindre 2 à 3 km. Le soudage est une opération délicate confiée à des spécialistes sélectionnés avec rigueur (le mode opératoire de soudage ainsi que les soudeurs font l’objet d’épreuves de qualification avant le démarrage du chantier).

3. Soudage

Illustration Les journées terrains : soudage


13h : plus de 40 fouilles archéologiques ont été menées depuis le début du chantier.

Découvrez les découvertes archéologiques sur Arc de Dierrey.

Fouilles archéologiques sur le chantier de construction du gazoduc Arc de Dierrey
De gauche à droite : 1. repérage de structures archéologiques durant un diagnostic (© Denis Gliksman, Inrap) ; 2. fond céramique prélevé sur chantier en Champagne-Ardenne (© Estelle Bénistant, Inrap) ; 3. capture la vidéo une nécropole antique Prunay-Belleville.


14h : les ouvriers s’occupent de protéger la canalisation.

Un revêtement spécial protège la canalisation des risques de corrosion.

Les tubes sont enrobés extérieurement en usine par un revêtement tri couches : époxy, colle et polyéthylène. Leurs extrémités sont laissées nues pour permettre la réalisation des soudures d’assemblage. Après exécution des soudures et avant mise en fouille, l’enrobage doit être reconstitué au droit des joints soudés pour assurer une protection continue de la canalisation et empêcher le mécanisme de corrosion. Cette opération est réalisée à l’aide d’un procédé ayant reçu une autorisation d’emploi de GRTgaz. Celle-ci porte sur la nature des produits utilisés et les conditions de mise en œuvre. La bonne application de ce revêtement est contrôlée avant l’enfouissement de la canalisation. Toutes les opérations doivent être menées en veillant à ce qu’aucune dispersion de produit ne pollue l’environnement (sablage, produits utilisés, emballages, résidus,...).

4. Protection de la canalisation

Illustration Les journées terrains : protection de la canalisation


14h45 : cinquième étape clé, l’ouverture de la tranchée. Le terrassement est effectué en séparant les terres de fond de la tranchée des terres végétales qui seront remises en place après les travaux pour permettre la reprise rapide des cultures.

Les caractéristiques de la tranchée :

5. Ouverture de la tranchée

Illustration Les journées terrains : ouverture de la tranchée


15h15 : nous avons posé quelques questions à Martin Parasote, interlocuteur de la profession agricole GRTgaz qui nous explique les enjeux de l’Arc de Dierrey et l’organisation mise en place.

  • Quel est votre rôle sur ce chantier ?

    Mon rôle consiste à suivre engagements de GRTgaz vis-à-vis du monde agricole. Il y a un protocole national qui est complété au niveau local car l’Arc de Dierrey est un chantier conséquent. Il faut ainsi concilier l'avancée du chantier et la préservation de l'outil de travail de l'agriculteur que sont ses terres et sa production agricole.

    Portrait de Martin Parasote, interlocuteur de la profession agricole GRTgaz

  • Avez-vous des exemples concrets d’engagement pris par GRTgaz ?

    Je peux citer par exemple le tri des terres. Sur Arc de Dierrey, il y a jusqu'à 3 types de tri : terre végétale, terre de fond de fouille, terre située à mi-hauteur. Le tri des terres favorise une remise en terrain plus rapide et un retour à une productivité optimale le plus rapidement possible.

    Un autre exemple est celui de la protection des sols sensibles sur certains secteurs. Les secteurs sensibles ont été identifiés en phase étude. En phase chantier, on s'assure de la mise en œuvre de ces dispositions et de leur adéquation avec la réalité de terrain : protections mécaniques avec des planches disposées sur la piste, protections en sable… On adapte aussi les solutions en fonction de ce qu'on peut découvrir lors de l'ouverture de piste ou des différents changements qui peuvent avoir lieu (dans le calendrier, état des sols...)

  • Comment communiquez-vous avec la profession agricole ?

    Toutes les semaines, une visite hebdomadaire du chantier est organisée avec une personne de la chambre d'agriculture et les représentants du monde agricole nommés spécifiquement pour le projet pour vérifier que les engagements sont bien tenus.

    Outre des outils comme la newsletter, le site Internet GRTgaz ou des courriers sur des sujets spécifiques, je travaille en équipe avec une personne en charge de réaliser les états des lieux avant et après travaux. Il me fait remonter les informations de terrain régulièrement, dès qu'il y a un dysfonctionnement, on trouve une solution. C'est une communication assez personnalisée.

  • Comment faites-vous pour protéger une exploitation agricole ?

    La méthode tient en trois points : éviter (l'impact), réduire (l'impact), compenser (de manière financière). Les techniques actuelles de pose des gazoducs sont très respectueuses des sols. Dans la phase d'étude, on cherche à éviter les secteurs les plus sensibles sur les plans agricole et environnemental ou en termes de sécurité. Dans l'étude d'impact, on crée un tracé de moindre impact. La réduction d'impact passe par le tri des terres ou la protection de pistes, lorsqu’on n'a pas pu éviter un secteur sensible et enfin ça passe par la compensation financière quand il y a un impact résiduel. L'exploitant perçoit généralement deux à trois années de récolte pour une année de chantier.

  • Que pouvez-vous nous dire sur le chantier à l’heure actuelle ?

    Les problématiques agricoles sont assez différentes avec des sols hétérogènes et plus ou moins riches, plus ou moins fragiles. Au niveau de la commune de Trumilly, on a mis en place tout récemment un dispositif de drainage de la piste car les sols retiennent l'eau : on a décidé de faire un pompage pour éviter d'avoir des problèmes de mouillères (rétention d'eau sur la piste pendant le chantier). Les sols trop mouillés ont tendance à être plus abîmés avec le passage des engins et risquent de créer des ornières et un dommage presque irréversible. Pour éviter cela, on dispose un drain 50 / 60 cm sous la terre qui se déverse dans un regard dans lequel on pompe. A quelques kilomètres, on fait faire un détour important de 7km au gazoduc en évitant un bois classé Natura 2000 sur les communes de Levignan et Rouville.

16h : une des dernières étapes est la mise en fouille.

La conduite, pouvant mesurer plusieurs centaines de mètres, est déposée avec soin au fond de la tranchée.

La canalisation est soulevée à l’aide d’engins porte-tubes (side-boom) qui se répartissent la charge. Son maintien est assuré par des systèmes de diabolos qui peuvent « rouler sous le tube » ou des sangles. Elle est ensuite positionnée puis descendue dans la fouille au fur et à mesure de l’avancement des porte-tubes en jouant sur la flexibilité de l’acier. Avant la descente en fouille, la qualité du revêtement est contrôlée à l’aide d’un « balai électrique ». Une protection mécanique extérieure peut être installée si nécessaire (géotextile), par exemple si le terrain est très rocheux.

Sur le « fond de fouille » est posé un lit de sable ou de matériaux concassés.

6. Mise en fouille

Illustration Les journées terrains : mise en fouille


17h : notre dernière interview de la journée se déroule avec Marion Beaurepaire, écologue dans le bureau d’étude Biotope. Elle nous explique les enjeux de protection environnementale sur l’Arc de Dierrey.

Quel est votre rôle et quelles sont les mesures mises en place sur l’Arc de Dierrey ?

Mon rôle consiste à assurer un suivi des engagements pris par GRTgaz en matière environnementale.

Les mesures sont appelées « specs ». Elles sont différentes selon les milieux du tracé. Une de nos « specs » est de ne pas intervenir sur les zones humides de septembre à avril mais en été où les niveaux d’eau sont très bas et où il y a moins de risque d’ornières. Ceci est décidé en amont pendant les études. On accompagne GRTgaz dans la mise en place de ces mesures.

Autre exemple : la mise en place de barrière à amphibiens en février pendant la période critique de migration. On s’assure qu’elles soient bien posées pour protéger les espèces et on veille à leur étanchéité.

17h30 : nous découvrons l’étape de remblaiement.

La conduite, pouvant mesurer plusieurs centaines de mètres, est déposée avec soin au fond de la tranchée.

La canalisation est ici recouverte en respectant le tri des terres. La nature des sols est ainsi reconstituée en respectant la configuration initiale. Le remblaiement est effectué aussitôt après la mise en fouille pour éviter tout risque d’accident dû à une tranchée ouverte. Il est réalisé le plus souvent avec les déblais extraits lors du creusement de la tranchée. La totalité de la terre végétale stockée est remise en place en partie supérieure de la tranchée. Les travaux de remblaiement sont réalisés avec des pelles mécaniques permettant la remise en place des matériaux sans dommage pour la canalisation.

7. Remblaiement

Illustration Les journées terrains : remblaiement

La phase de remblaiement est suivie d’une phase de remise en état.

Le profil initial du terrain est rétabli, les clôtures reconstruites à neuf, les fossés et talus reprofilés... après réalisation des travaux, les terrains et tous les équipements préexistants doivent être rétablis dans leur état initial sur la totalité de l’emprise du chantier. L’état initial des lieux concernés par l’emprise du chantier fait l’objet d’un constat contradictoire entre l’exploitant agricole du terrain traversé, un représentant de l’entreprise de pose et un représentant de GRTgaz. A l’issue des travaux de remise en état, un nouveau constat sera établi.

8. Remise en état

Illustration Les journées terrains : mise en fouille


18h15 : merci à tous de nous avoir suivi lors de cette #JournéeTerrain sur l’Arc de Dierrey !

N’hésitez pas à nous poser toutes vos questions ou à réagir avec le hashtag #JournéeTerrain sur Twitter.